Sérodiagnostic de la syphilis
La syphilis, ou vérole, ou encore mal français (par les italiens) et mal napolitain (par les français)
), est une maladie due à une bactérie: le Treponema Pallidum. C’est une infection sexuellement transmissible, mais qui peut parfois se contracter par transfusion sanguine, ou par voie placentaire (de la maman à son enfant). Très contagieuse, en particulier pendant les deux premières phases, primaire et secondaire (voir plus loin), la syphilis peut passer inapperçue (encore pas de symptômes apparents) pendant la période d’incubation de la bactérie qui dure entre 2 et 6 semaines.
Généralement, l’évolution de la syphilis se fait en trois phases. Il existe cependant des exceptions.
première phase (syphilis primaire): à l’issue d’une période d’incubation de trois semaines en moyenne, qui suivent le rapport sexuel contaminant, les premiers symptômes apparaissent sous la forme du chancre. Il s’agit d’une petite plaie ronde, anormalement dure et indolore, qui est bien visible chez l’homme, souvent interne chez la femme, se localisant au niveau des organes génitaux, et souvent accompagnée de l’inflammation d’un ganglion au niveau de l’aine (déplacer le curseur au-dessus du mot aine, pour en voir la signification). Cependant, le chancre peut se retrouver ailleurs, notamment au niveau de l’anus, des mamelons, des amygdales, des lèvres, etc.
Ce qui est à la fois intéressant et préoccupant, c’est le fait que ces mêmes symptômes disparaissent d’habitude spontanément, sans application d’un traitement quelconque, au bout d’un mois environ, sauf que, malheureusement, la maladie continue à évoluer!. Doù la nécessité de ne pas tomber dans ce piège, et de faire une consultation dès l’apparition des premiers signes.
La seconde phase (syphilis secondaire) : c’est l’étape de contagiosité imminente. Elle commence vers le quatrième mois et continue encore pendant deux ans environ. Les premiers symptômes de cette phase sont les éruptions cutanées, notamment des plaques rosées ou rouges (la roséole), de 5 à 6 millimètres de diamètre, séparées les unes des autres, qui n’atteignent pas le visage, et ne causent ni douleurs ni démangeaison. Là encore, elles disparaissent spontanément au bout d’un mois ou deux. Et les symptômes ne s’arrêtent pas là, puisque, lésions dermatologiques diverses (syphilides, lésions papuleuses squameuses, ressemblant à des dermites séborrhéiques ou à des verrues) et grossissement de ganglions (au niveau du cou) vont, à nouveau, faire leur apparition. La syphilis secondaire, peut également se manifester par une atteinte des muqueuses, (angine ou laryngite), ou encore par une plaque d’alopécie, perte localisée de cheveux.
La troisième phase : c’est celle de la syphilis tertiaire. Si la maladie passe inaperçue au cours des deux premières phases, et donc n’est pas traitée (chose relativement fréquente), c’est la phase de latence qui commence. Le seul moyen de la détecter est alors sérologique, par le biais d’une prise de sang. Le diagnostic est fait le plus souvent à l’occasion d’un bilan systématique (prénuptial, prénatal, professionnel, etc.).
Les lésions de syphilis tertiaire peuvent apparaître, 5 à 10 ans après la deuxième phase. On peut observer les symptômes suivants:
- Gommes, des lésions cutanées ou muqueuses sous forme de nodules, qui peuvent se localiser à n’importe quel endroit du corps (jambes, bras, visage, cuir chevelu, bouche, organes génitaux, foie, poumon, vessie).
- Une atteinte cardio-vasculaire, résultat de complication, même si elle est aujourd’hui assez rare, les complications cardiaques les plus connues étant, l’insuffisance aortique et surtout l’anévrisme de l’aorte.
- Une atteinte nerveuse, complication très dangereuse, appelée aujourd’hui paralysie générale, s’agissant plutôt d’un syndrome psychiatrique (état de démence) qui s’installe progressivement, en passant par des phases d’agitation et de dépression. Cette complication s’accompagne habituellement de troubles neurologiques, notamment de la mémoire (amnésie), de la parole (aphasie), tremblements, etc.
Une autre atteinte nerveuse due à la syphilis serait le tabès, complication se traduisant essentiellement par, des troubles de la sensibilité et de l’équilibre, ainsi que des troubles articulaires et sphinctériens.
- Des atteintes neurologiques : la complication de la syphilis peut également donner naissance à toutes les formes de maladies neurologiques connues, notamment les méningites et les encéphalites. Mais, rare sont actuellement les cas d’apparition de ces formes de complication, qui apparaîssent généralement au-delà de 20 ou 30 ans après la contamination initiale.
Déroulement de l’examen
Il s’agit d’un prélèvement veineux s’effectuant au niveau du bras. Les examens utilisés en pratique sont: D’abord un test d’agglutination, signe de la présence des anticorps spécifiques dans le sang, il s’agit du VDRL (Venereal Diseases Research Laboratories). Après, il y a le test de Nelson et Mayer, puis le FTA (Fluorescent Treponemal Antibobdy), puis le TPHA (Treponema Pallidum Hemagglutination Assay) et enfin, l’ELISA (Enzyme-Linked Immunosorbent Assay = immuno-absorption enzymatique).
Mais l’examen de dépistage le plus fréquement utilisé actuellement, est la double réaction VDRL (non spécifique) et TPHA (spécifique). Si ces deux examens sont négatifs, on est certain que le patient n’est pas contaminé (à moins que la contamination soit très récente). Par contre, si ces deux examens sont positifs, alors il faut passer par les autres examens, et c’est en fonction des réactions obtenues à ces différents examens, qu’on pourra tirer la conclusion s’il s’agit d’une syphilis primaire, secondaire récente ou non récente, latente(tertiaire), etc.
Considérations particulières
Les résultats s’expriment en “+” et en “─”. Les réactions deviennent positives, 8 jours environ après l’apparition du chancre génital. Deux tests positifs sont nécessaires afin d’affirmer un diagnostic de syphilis. Après traitement, il faut contrôler de nouveau la sérologie.
Une précaution particulière à prendre, serait de ne jamais appliquer de pommade antiseptique ou antibiotique sur une éventuelle ulcération suspecte, observée au niveau du gland, des grandes lèvres, du col de l’utérus ou encore des amygdales. Il est absolument important de ne rien faire à priori, et de consulter un médecin, au lieu de tenter l’automédication. Car si par hasard vous appliquez une pommade ou quoi que ce soit, non seulement vous ne guérirez pas la maladie, mais vous risqueriez de rendre le diagnostic encore plus difficile.
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