En toxicologie clinique, le diagnostic d’une intoxication repose essentiellement sur l’anamnèse et l’examen clinique.
Déroulement de l’anamnèse
Elle passe d’abord par l’identification du produit: du fait de la multitude de produits chimiques en usage (plus de 400 000 seulement sur le continent Américain), il va de soi que l’épellation exacte du produit inculpé doit être obtenue. Ceci d’autant plus que, nombre de produits dont la dénomination ne diffère que par une seule lettre ou un seul chiffre, ont une composition et des effets tout à fait différents. En guise d’exemple, prenons celui de l’Anacin qui contient de l’acide acétylsalicilique, alors qu’Anacin-3, contient de l’acétaminophène.
La seconde chose importante, est de connaître la quantité ingérée (en cas d’ingestion, sans exclure les cas d’administration parentérale), en essayant d’en déterminer le taux maximal. Dans un contexte d’intoxications accidentelles ceci permettrait de décider de l’utilité des manoeuvres d’évacuation gastro-intestinale. Cependant, en cas d’intoxications intentionnelles, il est plus judicieux de surestimer la quantité ingérée que de la sous-estimer.
La troisième chose à déterminer, presque aussi importante que les deux précédentes, est le temps d’ingestion. D’après les données cliniques, la plupart des sujets montrent des symptômes 2-4 heures tout au plus après l’ingestion. Alors que la plupart de ceux qui ne présentent aucun signe d’intoxication 6-8 heures après l’ingestion, demeurent asymptomatiques.
Il existe cependant des intoxications qui se manifestent un peu plus tard, au delà de 12 heures voire même quelques jours: acétaminophène surtout, paraquat, champignons (Amanita phalloïdes). Par exemple, pour pouvoir utiliser la N-acétylcystéine, antidote de l’acétaminophène, il faut connaître les concentrations sériques de ce dernier à différents moments de l’intoxication. Ainsi, une concentration sérique de 100μg/mL (équivalant à 661,5μmol/L) d’acétaminophène 4 heures après l’ingestion, ne représente pas un risque d’hépatotoxicité, Alors que pour cette même concentration observée 12 heures après l’ingestion, l’hepatotoxicité est envisageable!
Le quatrième moyen de diagnostic faisant partie de l’anamnèse, est le mode d’exposition à l’intoxication ou à l’agent toxique. Par exemple, devant une exposition cutanée, un simple lavage de la peau à l’eau et au savan peut être suffisant. Devant une exposition de la zone rectale par contre, on préconise les lavements évacuants.
à suivre, l’examen clinique, de laboratoire et radiologique…
Filed under: Médicale: le guide des examens toxicologiques | Leave a Comment
No Responses Yet to “Diagnostic des intoxications: l’anamnèse”